L’essentiel
- L’USF publie en octobre 2026 les résultats d’une enquête Verian (mai 2026, 276 répondants, 154 organisations SAP) : plus de six organisations sur dix ont terminé, sont en cours ou en projet sur S/4 Hana, mais 39 % n’ont toujours pas entamé la migration.
- Pour 67 % des sondés, le déclencheur est la contrainte éditeur (fin de vie annoncée de l’ancienne génération ECC pour 2030) ; seuls 20 % citent des bénéfices métiers. 45 % estiment que l’échéance 2030 ne leur laisse pas assez de marge.
- Les projets en cours basculent vers la conversion de l’existant (44 %, Brownfield) plutôt que vers une refonte complète ; le cloud ERP (Rise ou Grow) est signé par 36 % du panel, surtout par obligation (61 %) et avec des doutes sur les prix et la souveraineté des données (62 %).
- Seuls 6 % des répondants disent être convaincus par les clauses de réversibilité SAP ; un tiers seulement a une visibilité, même partielle, sur le coût total à cinq ans.
Votre ERP tourne depuis des années. Les équipes connaissent les écrans, les exports, les interfaces avec la compta. Puis arrive la lettre de l’éditeur : fin de maintenance à l’horizon 2030, montée obligatoire vers une nouvelle génération, parfois avec un contrat cloud en prime. Ce n’est pas un projet métier que vous auriez lancé en comité de direction — c’est un calendrier imposé par celui qui tient les clés du support. Les utilisateurs SAP francophones vivent exactement ça, et leur club d’utilisateurs vient de publier des chiffres qui parlent aux dirigeants de PME ou d’ETI équipées de la même famille de progiciels.
Une dynamique lancée… mais pas par l’enthousiasme
L’USF (Union des utilisateurs SAP francophones) a présenté à sa convention de mid-octobre 2026 (Strasbourg) la 7e enquête de satisfaction menée par le cabinet Verian en mai 2026 : 276 répondants dans 154 organisations. Plus de six organisations sur dix ont terminé, sont en cours ou en phase projet sur S/4 Hana, génération d’ERP annoncée dès 2015. Un quart supplémentaire est en étude ou cadrage. La dynamique est réelle — Bernard Cottinaud, chargé de mission stratégie à l’USF, parle d’une « dynamique enclenchée ».
Mais 39 % des membres n’ont toujours pas entamé la migration. L’association alerte : les compétences sur ce type de chantier vont se raréfier, et ceux qui attendent risquent de se retrouver sans intégrateurs disponibles au moment de se lancer. 45 % des organisations interrogées estiment que 2030 ne suffit plus pour boucler la transition. Mi-2025, Gartner estimait déjà que 37 % de la base ECC6 dans le monde — 13 000 entreprises — ne basculerait pas vers S/4 avant la fin de vie annoncée.
Obligation d’abord, métier ensuite
Quelle que soit la méthode, la migration reste d’abord un exercice imposé : 67 % des sondés disent l’avoir lancée par contrainte SAP (fin de maintenance ECC visée 2030) ; 44 % invoquent l’obsolescence des systèmes legacy. L’accès à de nouvelles technologies n’est cité que par 39 %, les bénéfices métiers par 20 %. En clair : la direction finance souvent un chantier lourd sans promesse métier claire — proche de ce que vivent les PME sous contrat long terme avec un éditeur unique.
Côté technique, 44 % des projets en cours choisissent une conversion de l’existant (approche dite Brownfield), une part qui a plus que doublé depuis l’édition 2024 de l’enquête. Les migrations hybrides (Bluefield) reculent à 18 %. Environ un quart des organisations qui doivent trancher optent pour une refonte (Greenfield). Brownfield paraît moins risqué à court terme ; il reporte souvent la dette processus et données.
Le cloud ERP avance, la confiance moins
Parallèlement, 36 % des répondants disent avoir signé un contrat ERP cloud (offres Rise ou Grow de SAP) — un quasi-triplement en deux ans. Seuls 5 % ont étudié et rejeté le cloud. Pourtant 61 % expliquent le passage au cloud par obligation, contre 36 % par accès plus rapide à l’innovation. Plus d’un répondant sur deux juge les prix peu prévisibles ou trop élevés ; 62 % s’interrogent sur la sécurité des données. L’enquête rappelle aussi que les premières offres applicatives SAP qualifiées SecNumCloud ne seraient disponibles, au mieux, qu’fin 2028 ou début 2029 — sujet déjà sensible pour les organisations soumises à des exigences de souveraineté.
Sur la gouvernance du contrat, les chiffres sont secs : 6 % seulement sont convaincus par les clauses de réversibilité ; un tiers a une visibilité partielle sur le coût total à cinq ans ; le partage des responsabilités en cas d’incident majeur n’apparaît clair que pour 30 % de la base. Des témoignages à la convention (Vinci Energies, Verescence, Giphar…) montrent que certains utilisent la migration pour reposer la question « avons-nous le bon ERP et le bon contrat ? » — une démarche utile, mais rarement planifiée dès le premier courrier éditeur.
Si une échéance SAP ou ERP similaire arrive sur votre bureau et que vous hésitez entre attendre, convertir ou refondre, on peut cadrer les options sur une page — avant de signer le prochain contrat.
Sources
Cette note a été rédigée avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle à partir des sources citées, puis relue et publiée sous la responsabilité de Jordan FOUASSIER, directeur de la publication. Nous résumons les faits et proposons notre lecture ; les textes et visuels des sources ne sont pas reproduits. Une erreur ? Écrivez à contact@aigyrosgroup.com.
