L’essentiel
- Origina publie en octobre 2026 une enquête Censuswide (2 018 décideurs IT, grandes entreprises US et UK, mai 2026) : en moyenne 28 % du budget logiciel part en mises à niveau, migrations ou changements de licences que l’organisation n’aurait pas choisis.
- 95 % des répondants disent avoir payé, ces trois dernières années, au moins une évolution imposée qu’ils jugeaient dégradante pour la performance ou la fiabilité ; 78 % estiment que l’éditeur fixe le calendrier, pas eux.
- Refuser coûte souvent plus cher : sans support, le système qui fait tourner l’activité devient un risque — d’où des budgets ponctionnés sur l’innovation (36 %), le recrutement (32 %) ou la sécurité (31 %), selon les répondants.
- IT for Business rapproche ce constat des dossiers européens déjà ouverts : VMware sous Broadcom, fin de maintenance standard SAP ECC en 2027 — et rappelle la règle « négocier la sortie avant l’entrée ».
Le courrier arrive en pleine clôture budgétaire : fin de support dans douze mois, nouveau bouquet de licences, migration vers une offre cloud si vous voulez garder les correctifs. Votre responsable informatique sait que le projet en cours n’a ni équipe ni fenêtre — mais dire non, c’est accepter de courir sans filet. Ce n’est pas un caprice de DSI : c’est le quotidien des contrats où l’éditeur reprend la main après la signature.
Ce que mesure l’étude « Software Tax »
Mi-octobre 2026, Origina (support tiers IBM, HCL, VMware, SAP) publie avec Thinkers50 un rapport sur la « taxe logicielle » : changements imposés par l’éditeur une fois le système ancré dans l’entreprise. L’enquête Censuswide, menée du 11 au 19 mai 2026, porte sur 2 018 décideurs IT de très grandes organisations aux États-Unis et au Royaume-Uni, utilisant à grande échelle IBM, HCL, VMware/Broadcom ou SAP. Les auteurs estiment qu’en moyenne 28 % du budget logiciel part en évolutions non choisies ; le dernier changement imposé coûterait 12,87 millions de dollars en moyenne dans cet échantillon — un ordre de grandeur de grands comptes, pas de votre PME, mais le mécanisme est le même.
Payer en sachant qu’on y perd
95 % des répondants reconnaissent avoir financé, sur trois ans, au moins une évolution qu’ils pensaient dégrader performance, fiabilité ou valeur métier ; plus de la moitié l’ont fait plusieurs fois. 78 % estiment que l’éditeur, et non leur organisation, fixe calendrier et conditions ; 76 % disent avoir peu de leviers en renégociation. Comme le résume le PDG d’Origina, Tomás O’Leary, cité par la presse : quand refuser une mise à niveau revient à perdre le support sur ce qui fait tourner l’activité, dire oui reste rationnel.
La facture que la direction ne voit pas tout de suite
Au-delà de la ligne « licences », les répondants décrivent une seconde facture : budgets détournés — 36 % pointent l’innovation, 32 % le recrutement, 31 % la sécurité. 84 % voient leurs meilleurs ingénieurs souvent mobilisés sur ces chantiers plutôt que sur le métier ; 91 % ont mis au rebut du matériel encore utilisable pour tenir une échéance de support, sacrifiant en moyenne 1,65 année de durée de vie restante. Pour une PME, ce ne sont pas des millions : ce sont deux projets reportés, un audit sécurité repoussé, une embauche gelée.
- Avant signature : droit de maintenance tierce, délai de préavis avant fin de support, plafond de hausse, export des données documenté — le rapport parle de « négocier la sortie avant l’entrée ».
- Pendant le contrat : inventaire des dépendances (intégrations, formations, données) pour savoir ce que coûterait vraiment un refus.
- À chaque renouvellement : qui profite du changement imposé — et faire asseoir autour de la table DAF et juriste, pas seulement la DSI.
Si un renouvellement logiciel arrive cette fin d’année et que la marge de manœuvre vous semble nulle, on peut reprendre le contrat et le calendrier sur une page — avant de dire oui par défaut.
Sources
- Une étude dénonce la « taxe logicielle » imposée par les mises à jourIT for Business · 23 octobre 2026
- Large enterprises report spending more than a quarter of their software budgets on changes they would not have chosenOrigina · 20 octobre 2026
- The Software Tax: What is vendor-driven change really costing you?Origina · 20 octobre 2026
Cette note a été rédigée avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle à partir des sources citées, puis relue et publiée sous la responsabilité de Jordan FOUASSIER, directeur de la publication. Nous résumons les faits et proposons notre lecture ; les textes et visuels des sources ne sont pas reproduits. Une erreur ? Écrivez à contact@aigyrosgroup.com.