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Infrastructure & sécurité

Suite bureautique : le cloud peut doubler la facture sans vous libérer

La Cour des comptes chiffre 100 M€ de bureautique en 2025 et jusqu’à 130 M€ d’écart si l’État bascule vers Microsoft 365 plutôt que du libre en cloud qualifié.

  • 25 OCTOBRE 2026
  • 4 MIN DE LECTURE
  • SOURCES CITÉES

L’essentiel

  • Rapport Cour des comptes du 22 octobre 2026 (initiative citoyenne) : sur ~860 000 postes des administrations centrales et services déconcentrés, environ 100 M€ dépensés en 2025 pour bureautique et collaboratif — dont ~49 M€ de licences Microsoft, soit la moitié d’un coût moyen de 116 € par poste et par an.
  • Estimations Dinum reprises par la Cour : suite libre en environnement SecNumCloud ~100 €/poste/an, Microsoft 365 ~250 €/poste/an — jusqu’à 130 M€ d’écart annuel si tout le périmètre suivait M365 ; le cloud « souverain » sur Bleu ne supprime pas la dépendance à l’éditeur américain.
  • Écarts internes marquants : ~20 €/utilisateur/an à l’Intérieur (LibreOffice, gendarmerie incluse) contre ~378 €/an à la Culture (Microsoft 365) ; satisfaction agents DGFiP sur LibreOffice : 87 % selon le rapport.
  • Quatre recommandations dès 2027 : gouvernance interministérielle, feuille de route La Suite, recours aux éditeurs du logiciel libre, plan de migration trois à quatre ans vers du libre en cloud — avec un angle mort : le coût de migration peu chiffré.

Votre responsable informatique reçoit la même proposition que l’an dernier, avec un twist : passer au cloud pour garder les mises à jour et le partage de fichiers. Le devis semble raisonnable poste par poste. Puis quelqu’un demande si l’hébergement est « souverain » — et si, dans cinq ans, vous pourrez encore négocier ou partir sans refaire toute la messagerie. Ce n’est pas un débat pour Paris : c’est la facture bureautique de toute structure qui a signé avec un éditeur dominant.

Ce que la Cour des comptes vient de mettre en chiffres

Le 22 octobre 2026, la Cour des comptes publie un rapport d’initiative citoyenne sur les outils bureautiques et collaboratifs dans les ministères (~860 000 postes, administrations centrales et services déconcentrés — pas les hôpitaux ni les collectivités). En 2025, l’État y consacre environ 100 M€ : 61 M€ de licences, 26 M€ de prestations, 13 M€ de masse salariale interne. Microsoft capte près des quatre cinquièmes des licences, soit près de 49 M€. Le coût moyen ressort à 116 € par poste et par an, dont environ la moitié pour l’éditeur. La Cour rappelle aussi que plusieurs ministères peinent à suivre finement leur parc : les chiffres restent des estimations.

Souveraineté d’hébergement, dépendance d’éditeur

Le rapport oppose deux trajectoires. La majorité des ministères veulent garder Microsoft et migrer vers Microsoft 365 sur Bleu — le cloud français (Orange, Capgemini) qui vise une qualification SecNumCloud. Pour la Cour, cela améliore le cadre d’hébergement, pas la dépendance technologique et économique à Microsoft. Elle plaide plutôt pour une suite libre en cloud interne à l’État ou chez un prestataire SecNumCloud, avec une convergence dès 2027 et un plan de migration de trois à quatre ans.

Les ordres de grandeur Dinum, repris dans le rapport, frappent : environ 100 € par poste et par an pour une suite libre en environnement qualifié, contre 250 € pour Microsoft 365 — soit jusqu’à 130 M€ d’écart annuel si tout le périmètre étudié suivait M365. Même sans cloud, une généralisation plus systématique du libre on-premise pourrait, selon la Cour, économiser 30 à 65 M€ par an en extrapolant les pratiques de l’Économie et de l’Intérieur.

Ce que ça change pour une PME

Vous n’avez pas 860 000 postes. En revanche, le mécanisme est le même : 116 € en moyenne quand tout est encore maîtrisé, 250 € quand on bascule au modèle cloud de l’éditeur — multiplicateur proche de deux, avant intégration et formation. L’écart 20 € (Intérieur, LibreOffice) vs 378 € (Culture, M365) montre que le prix final tient autant à l’organisation qu’au logo sur la boîte. La DGFiP affiche 87 % de satisfaction sur LibreOffice : le blocage est rarement « les agents détestent » ; c’est migration, compatibilité, macros, accompagnement.

  • Avant le renouvellement : prix par poste sur trois ans, coût de sortie (export messagerie, fichiers, comptes), et ce qui se passe si l’éditeur impose une montée de gamme.
  • Cloud qualifié ou non : où sont les données compte-t-il ; qui peut changer les conditions demain compte autant.
  • Inventaire : combien de postes utilisent vraiment la suite, combien paient une licence « au cas où » — la Cour le dit pour l’État, c’est souvent flou aussi en PME.

Si un renouvellement de suite bureautique ou une bascule cloud est sur la table cette fin d’année, on peut reprendre votre périmètre réel et comparer les trajectoires sur une page — avant que le calendrier de l’éditeur devienne le vôtre.

Sources

Cette note a été rédigée avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle à partir des sources citées, puis relue et publiée sous la responsabilité de Jordan FOUASSIER, directeur de la publication. Nous résumons les faits et proposons notre lecture ; les textes et visuels des sources ne sont pas reproduits. Une erreur ? Écrivez à contact@aigyrosgroup.com.

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